BELLADONE
Atropa belladonna L.
La plante
La composition
Pharmacologie et intoxication
Utilisation en thérapeutique
Photographies
LA PLANTE : Belladone,
Atropa belladonna L., Solanacées.
Il s'agit en France et en Europe de l'une des trois solanacées
parasympatholytiques officinales, avec le
datura
et la
jusquiame noire.
La belladone est assez peu fréquente à l'état
sauvage en France, c'est une plante herbacée de 1 à 1,5 mètre,
vivace par un rhizome, qui affectionne les terrains calcaires. Les feuilles
sont ovales, entières, alternes, mais sont groupées par deux
et de taille inégale au niveau de l'inflorescence. La fleur et la
baie sont assez facilement reconnaissables. La fleur a une corolle (ensemble
des pétales) en forme de grosse clochette, de couleur brun violacé
à jaune brun. La baie est charnue, globuleuse, de la taille d'un
petit grain de raisin et de couleur noir brillant. La baie est tout particulièrement
dangereuse pour les enfants, de par sa toxicité et de par les risques
de confusions avec d'autres baies (myrtilles, cassis, par exemple).
LA COMPOSITION :
Toutes les parties de la plantes contiennent des alcaloïdes tropaniques
et sont donc potentiellement dangereuses. Le fruit et la racines sont les
plus riches en alcaloïdes (de 0,65 à 0,85 %), mais la
feuille peut en contenir jusqu'à 0,50 % .
Les principaux alcaloïdes rencontrés sont l'hyosciamine
et l'atropine (90 %) ainsi que la scopolamine (2 %). On peut noter que
l'atropine est un isomère optique de l'hyosciamine, c'est à
dire que ces deux molécules ont la même formule chimique,
mais que la position de certains substituants de la molécule a été
inversée, autrement dit l'atropine est l'équivalent du reflet
de la molécule d'hyosciamine dans un miroir. L'atropine et l'hyosciamine
ont les mêmes effets pharmacologiques et toxiques, cependant à
dose égale, l'hyosciamine se révèle plus active.
PHARMACOLOGIE ET INTOXICATION :
Les alcaloïdes de la belladone, atropine, hyosciamine et scopolamine,
sont tous trois des parasympatholytiques, c'est à dire qu'ils vont
avoir une action antagoniste sur le système nerveux parasympathique.
L'atropine exerce un effet inhibiteur sur les récepteurs muscariniques
périphériques en exerçant un antagonisme compétitif
sur la fixation d'acétylcholine sur ces récepteurs.
Les effets de l'atropine sont :
-
Augmentation du rythme cardiaque (tachycardie par inhibition du nerf pneumogastrique).
-
Tarissement de toutes les sécrétions : salive, sueur, larmes,
sécrétions digestives,...
-
Sécheresse de la peau et des muqueuses, rougeur de la face.
-
Mydriase (dilatation de la pupille).
-
Augmentation de la pression intra-oculaire.
-
Troubles de la vision par paralysie des muscles ciliaires, on ne peut plus
voir nettement les objets de près (cycloplégie).
-
Relâchement des fibres musculaires lisses au niveau intestinal (transit
ralenti), urinaire (rétention urinaire) et bronchique (dilatation
des bronches).
-
A dose élevée on a une action sur le système nerveux
central avec agitation, confusion, délire, hallucination,... On
parle à ce propos de délire atropinique.
Les effets de la scopolamine, bien que moins marqués, sont comparables
à ceux de l'atropine à une exception près : l'action
sur le système nerveux central. En effet la scopolamine a une action
sédative, hypnotique et amnésiante, voire incapacitante à
forte dose.
En cas d'intoxication par la belladone ce sont les effets de l'atropine,
l'alcaloïde majoritaire de la plante, que l'on va retrouver chez le
malade.
L'intoxication chez l'adulte reste rare, chez l'enfant elle est souvent
dûe aux baies. On considère que 2 à 5 baies suffisent
pour causer une intoxication mortelle chez un enfant.
Traitement de l'intoxication :
Si possible évacuation
du toxique par lavage gastrique ou vomissements provoqués (sirop
d'ipéca). L'administration de charbon activé peut également
freiner le passage des substances toxiques dans le sang. L'état
d'agitation peut conduire à l'emploi de neuroleptiques (droperidol)
ou d'anticonvulsivants (diazepam). La rétention urinaire peut nécéssiter
la pose d'une sonde. Enfin l'administration de physostigmine, que l'on
considère comme un antidote possible, doit être tenté
avec beaucoup de prudence compte tenu des effets de ce produit.
UTILISATION EN THERAPEUTIQUE :
La belladone est depuis longtemps utilisée en thérapeutique
pour ses propriétés anticholinergiques (parasympatholytiques).
Aujourd'hui c'est surtout l'atropine et ses dérivés synthétiques
que l'on emploie. On en retrouve notamment dans les médicaments
antispasmodiques, les antitussifs, les antalgiques et en associations avec
certains médicaments de l'asthme. Les collyres à base d'atropine
servent également à dilater la pupille (mydriatique) et à
corriger certains troubles visuels.
Les formes injectables (sulfate d'atropine) peuvent être utilisées
en prémédication de l'anesthésie.
PHOTOGRAPHIES :
