GRANDE CIGUE
Conium maculatum  L.

PLAN DE LA MONOGRAPHIE :

 La plante
 Historique
 L'intoxication
 Photographies


La plante : Grande ciguë, Ciguë tâchetée, Conium maculatum L. , Apiaceae

 

Grande plante herbacée bisannuelle pouvant atteindre deux mètres de hauteur, très fréquente dans toute l'Europe, mais aussi en Afrique et en Amérique du Nord. La tige cannelée est creuse et marquée de tâches rouge violacé à la base, d'où son nom de maculatum. Les fleurs sont petites, blanchâtres regroupées en ombelles. La plante écrasée entre les doigts dégage une odeur désagréable.



Historique :

 

La toxicité de la grande ciguë est connue depuis fort longtemps puisque dans la Grèce antique les Athéniens l'utilisaient comme poison judiciaire. L'histoire de Socrate qui fut condamné à boire la ciguë est très célèbre. On considère que chez l'adulte, moins de dix grammes de feuilles sont mortels. La description de la mort de Socrate par son disciple Platon semble cependant incomplète car elle fait état d'une paralysie progressive et d'un endormissement, mais à aucun moment de crises convulsives ou de spasmes comme cela aurait dû être. On peut supposer que Platon a voulu préserver l'image de son maître en omettant certains détails de sa mort ou bien que le breuvage préparé contenait de plus une dose importante d'opium qui expliquerait l'absence de certains symptomes. Plus récemment, les fruits de la grande ciguë étaient utilisés comme traitement dans les névralgies, mais son usage est aujourd'hui abandonné en thérapeutique.



Intoxication :

Elle est rarissime chez l'homme, peut-être à cause de l'odeur dégagée par la plante. Les substances responsables de la toxicité sont de nature alcaloïdique, il s'agit principalement de la coniine, la conicéine et la conhydrine.
Les symptomes observés sont salivation, nausées, vomissements, douleurs abdominales. La pupille est dilatée (mydriase), et le malade a soif et avale avec difficulté. Ensuite la paralysie s'installe progressivement à partir des membres inférieurs en remontant, puis elle gagne le thorax et la mort survient par asphyxie. On observe aussi des tremblements et des mouvements convulsifs. La conscience n'est à aucun moment altérée et reste intacte jusqu'à la mort.
On signale également des cas d'intoxication assez surprenants qui seraient dûs à la consommation d'oiseaux qui auraient eux mêmes mangé des pousses ou des fruits de la grande ciguë. Ce syndrome est répertorié sous le nom de coturnisme, ou intoxication par les cailles, mais le lien que l'on fait entre les oiseaux et la grande ciguë pour expliquer les intoxications n'est pas suffisamment clair pour être admis définitivement. De plus ce genre d'intoxication connaît habituellement une évolution favorable. Dans tous les cas, une intoxication supposée à la grande ciguë doit impérativement conduire à une consultation au centre antipoison le plus proche.


Photographies :