JUSQUIAME NOIRE
Hyosciamus niger L.
La plante
La composition
Pharmacologie et intoxication
Photographies
La plante :
Jusquiame noire, Hyosciamus niger L. Solanacées.
Il s'agit en France et en Europe de l'une des trois solanacées
parasympatholytiques officinales, avec le datura
et la belladone .
Il s'agit d'une plante herbacée, annuelle ou bisannuelle
suivant les variétés, caractérisée par des
feuilles séssiles très velues et des fleurs jaune sale veiné
de violet.
Composition :
Toutes les parties de la plante renferment des alcaloïdes tropaniques
et sont donc potentiellement dangereuses. Il faut cependant remarquer que
la teneur en alcaloïdes de la plante reste faible (de l'ordre de 0,1
%), sauf pour les graines (0,3 %). Les principaux alcaloïdes sont
l'hyosciamine et son isomère optique l'atropine, ainsi que la scopolamine
(25 à 40 % des alcaloïdes totaux).
Pharmacologie
et intoxication :
Les alcaloïdes de la jusquiame noire, atropine, hyosciamine et
scopolamine, sont tous trois des parasympatholytiques, c'est à dire
qu'ils vont avoir une action antagoniste sur le système nerveux
parasympathique.
L'atropine exerce un effet inhibiteur sur les récepteurs muscariniques
périphériques en exerçant un antagonisme compétitif
sur la fixation d'acétylcholine sur ces récepteurs.
Les effets de l'atropine sont :
-
Augmentation du rythme cardiaque (tachycardie par inhibition du nerf pneumogastrique).
-
Tarissement de toutes les sécrétions : salive, sueur, larmes,
sécrétions digestives,...
-
Sécheresse de la peau et des muqueuses, rougeur de la face.
-
Mydriase (dilatation de la pupille).
-
Augmentation de la pression intra-oculaire.
-
Troubles de la vision par paralysie des muscles ciliaires, on ne peut plus
voir nettement les objets de près (cycloplégie).
-
Relâchement des fibres musculaires lisses au niveau intestinal (transit
ralenti), urinaire (rétention urinaire) et bronchique (dilatation
des bronches).
-
A dose élevée on a une action sur le système nerveux
central avec agitation, confusion, délire, hallucination,... On
parle à ce propos de délire atropinique.
Les effets de la scopolamine, bien que moins marqués, sont comparables
à ceux de l'atropine à une exception près : l'action
sur le système nerveux central. En effet la scopolamine a une action
sédative, hypnotique et amnésiante, voire incapacitante à
forte dose.
L'intoxication reste rare, peut être à cause de l'odeur
désagréable dégagée par la plante, de plus
la faible teneur en alcaloïdes limite la gravité des accidents
liés à la consommation de la plante. Les effets observés
lors de l'intoxication sont d'ordre anticholinergiques (voir les effets
de l'atropine décrits ci-dessus), avec une action sur le système
nerveux central qui est celle de la scopolamine : sédation, somnolence,
confusion,...
Traitement de l'intoxication :
Si possible évacuation
du toxique par lavage gastrique ou vomissements provoqués (sirop
d'ipéca). L'administration de charbon activé peut également
freiner le passage des substances toxiques dans le sang. La rétention
urinaire peut nécéssiter la pose d'une sonde. Enfin l'administration
de physostigmine, que l'on considère comme un antidote possible,
doit être tenté avec beaucoup de prudence compte tenu des
effets de ce produit.
Photographies :
