PAVOT SOMNIFERE
PAVOT A OPIUM
Papaver somniferum   L.

PLAN DE LA MONOGRAPHIE :

 La plante
 Historique
 Thérapeutique et intoxication
 Photographies


La plante : Pavot somnifère, Pavot à opium, Papaver somniferum L. , Papavéracées.

 

Le pavot somnifère est une plante herbacée annuelle pouvant atteindre 1,5 mètre de hauteur. Les feuilles glabres, sont vert glauque, tandis que la tige est recouverte de poils. La fleur comporte 4 pétales de couleur variable suivant les variétés (blancs, violacés, roses...) L'androcée (organes mâles de la fleurs) est formé de nombreuses étamines noires. Le fruit est formé d'une volumineuse capsule sphérique renfermant de très nombreuses graines noirâtres de très petite taille. Toute la plante laisse échapper un latex blanc si on l'incise, cette substance en séchant formera l'opium.
L'opium, lui, se présente sous la forme d'une masse de couleur gris-brun à rouge foncé à l'odeur caractéristique et à la saveur amère. De consistance plutôt molle l'opium se durcit en se désséchant.



Historique :

 

Le pavot est connu de l'homme depuis plusieurs millénaires, ses représentations sont nombreuses (voir photographie du bas-relief assyrien). Son intérêt est double : alimentaire et médicinal et peut être même religieux. En effet, on utilise non seulement les graines du pavot (encore aujourd'hui, la graine est très populaire en Europe Centrale et en Orient pour la confection de pains et de pâtisseries), mais aussi l'huile (huile d'oeillette) qu'on extrait de la graine d'une variété de pavot, dite pavot noir.

Les propriétés médicinales, elles, sont connues également depuis fort longtemps, elles sont dûes à la présence de très nombreux alcaloïdes dans la plante, dont les plus importants sont la morphine, la codéine, la noscapine et la papavérine.
De nos jours la culture licite du pavot permet d'en extraire la morphine à partir de l'opium et de plus en plus à partir de la paille de pavot. La morphine est ensuite majoritairement transformée en codéine. La production illicite du pavot, elle, se situe principalement dans le "croissant d'or" (Pakistan, Afghanistan et Iran) et dans le "triangle d'or" (Thaïlande, Laos et Birmanie), mais aussi en Inde, elle permet notamment de produire l'héroïne par hémisynthèse à partir de la morphine.

On notera l'existence de nombreuses espèces de papaver cultivées à des fins ornementales.



Thérapeutique et intoxication :

Toute comme la plante, les effets du pavot sont connus depuis fort longtemps. On utilisait jadis la capsule elle même ou l'opium (obtenu par incision de la capsule encore verte et par séchage du latex ainsi obtenu au soleil). Les propriétés narcotiques et antalgiques du pavot sont donc utilisées depuis des millénaires et la morphine et ses dérivés restent de nos jours des médicaments majeurs dans le traitement de la douleur.
A noter également qu'on a utilisé par le passé l'elixir parégorique ou teinture d'opium benzoïque comme antidiarrhéique (usage pratiquement abandonné aujourd'hui), il s'agit en fait de l'exploitation en thérapeutique d'un effet secondaire bien connu des morphiniques : la constipation (les morphiniques sont également émétisants).
De nombreux alcaloïdes ont également des propriétés antitussives (codéine, noscapine) et sont couramment utilisés dans des sirops pour la toux.

La toxicité de la plante reste anecdoctique, cependant certains accidents restent à déplorer, notamment chez les enfants auxquels les nourrices d'autrefois administraient des infusions de capsules de pavot pour les faire dormir (d'ailleurs le mot pavot, vient d'un ancien mot celtique, "papa", qui veut dire bouillie, car on mélangeait le suc de la plante à la bouillie des enfants pour les endormir).

L'opiomanie est aujourd'hui très marginale pour ne pas dire exceptionnelle dans les pays occidentaux. Cette pratique en provenance de la Chine a été importée dans les pays occidentaux vers la fin du XVIIIème siècle et s'est développée pendant tout le XIXème siècle jusqu'à ce qu'une législation répréssive y mette fin. L'opium était alors mangé (opiophagie) ou fumé dans des pipes.


Photographies :